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compte-rendu
de l'édition 98
    Jazz Sous Les Pommiers 1998

Je vous propose tels quels quelques extraits des compte-rendus du festival 98, tirés de Jazz Hot et Jazz Magazine du mois d'août. Pour François-Xavier Moulé et Jean Szlamowicz, "Coutances est une jolie ville [...] mais, au total, le jazz semble être un prétexte à un happening touristico-ludique où dominent des mélanges musicaux de seconde zone", tandis que Thierry Quénum considère que "Cette édition fut le cru du siècle"... Je ne saurais trop vous engager à vous faire votre propre avis lors de la prochaine édition.
  

      Michel Petrucciani a joué mollement des compositions professionnelles qu'aucun soliste n'a enflammées.      
             Si attendu qu'il avait dû doubler son concert l'après-midi, "Petru" ne fut pas chiche de sa générosité coutumière. A 36 ans, il est devenu une sorte de vieux sage distillant une musique sereine qui, grâce aux arrangements de bob Brookmeyer, a gagné en perfection formelle ce qu'elle a perdu de fougue et de facilités. 
      [...] le big band la Marmite infernale a justifié son nom en produisant une insupportable musique de variété qui de prend pour une avant-garde provocatrice. On en retiendra un "Jackie-ing" ridicule. Pauvre Monk ! Le public a applaudi avec candeur à ces sons ésotériques.        
             Catapultée par la puissance de feu de ses deux batteries et rutilante de ses neuf souffleurs cuivrés, la Marmite Infernale créa, le samedi, une ébullition démoniaque, passant Monk au gril (Jackying-Jackyang), ou rôtissant à feu vif la suite historique Ce n'est qu'un combat... 
      Kenny Garrett [...] a profité de cette même naïveté (du public) en le faisant chanter, en chantant lui-même du rap et en tripotant des claviers (trois accords, pas plus). Après une bonne claque coltranienne sur les trois premiers morceaux, le répertoire s'est plutôt rapproché de Grover Washington Jr.        
             La soirée, avec Kenny Garrett, débuta cool puis l'altiste mit progressivement la pression, alternant ternaire et binaire pour finir par un Jean-Pierre attendu, en face à face avec son batteur. 
      Roy Hargrove : point d'exotisme (ouf !), mais au moins aurons-nous eu un vrai concert de jazz de grande classe. Des arrangements à la mise en place impressionnante, une rythmique souple et tendue, des solistes profonds (as, tb, p) et un Roy Hargrove monumental : fire in riff-land !        
             Le Crisol de Roy Hargrove fit, quand à lui, un flop de soufflé raté. Final oubliable, donc. Parions qu'on ne reverra pas de sitôt le petit Roy sous les pommiers coutançais. 
      François-Xavier Moulé
et Jean Szlamowicz
Jazz Hot n° 552 - août 98
 
      
        Thierry Quénum
Jazz Magazine n° 483 - août 98
           
       
Je laisserai pour conclure la parole à Philippe Adler qui, à un tout autre sujet, écrivait ceci dans Jazzman n° 38 du même mois d'août 98 :

"[...] A vous lecteurs, de toute manière, de prendre des repères parmi les signatures du journal. Quand vous aurez été "trompé" deux ou trois fois, fuyez les chroniqueurs en question. Personnellemnt, j'ai adoré deux récentes productions un peu marginales. Elles ont, toutes deux, été descendues en flamme par un de mes confrères. Bon, ben, j'ai compris. Je ne dis pas que j'ai raison. Je dis qu'apparemment, nous n'aimons pas la même musique. Et c'est là que se situe la vérité : aujourd'hui, l'amateur de jazz type n'existe plus [...]"