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Interview de Sylvain Luc (fin)

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Quelles sont tes influences, ceux qui t'ont aidé à avancer dans la musique ?
Euuuh.. Jo Satriani, Slash, Steve Vai… (rires). Non, c'est l'accordéon qui m'a influencé. J'ai un grand frère qui est accordéoniste et un autre batteur, et j'ai eu la chance qu'ils m'initient à la musique « large », éclectique, dès mon plus jeune âge, et je les en remercie vraiment. Mais j'écoutais aussi des guitaristes… Le premier , c'était Baden Powell, qui est hélas décédé il y a peu de temps, et qui avait une manière très originale de jouer. Il avait sorti notamment un disque en trio que j'adorais. J'écoutais ça à 7 ans, je repiquais des trucs de Baden Powell, c'était génial, je n'y comprenais rien, les harmonies, rythmiquement, je ne « pipais » rien, mais il fallait que je comprenne. il y a eu aussi Joe Pass, Zappa, Jeff Beck, et pour d'autres instruments, Joe Rossi, Marcel Azzola, mes frères Gérard et Serge… C'est vrai que ce sont mes vraies influences, autant le dire. Après, évidemment, il y a Ravel, Bach, Mozart quelquefois, Fauré, Stravinski, Debussy. Et pour en revenir aux guitaristes, il y a eu comme tout le monde Metheny, Holdsworth… J'ai eu la chance de pouvoir imiter ces gens-là à l'âge de 13-14 ans. C'est une chance énorme, parce que j'avais commencé très jeune, à l'âge de 4 ans. Donc j'étais à fond dans Holdsworth à 12 ou 13 ans, j'en étais fou, il fallait à tout prix que je relève ses phrases… Mais comme j'étais fainéant, je ne le faisais pas vraiment, je relevais « à la feuille » ce que je comprenais. Pareil pour Metheny, Scofield. 
En fait, rapidement, je me suis rendu compte que j'essayais de jouer comme tout le monde, et je me suis demandé où j'en étais exactement, qui j'étais. J'avais quand même ce soucis là. Et puis il y des gens qui m'éclairaient, qui me disaient que j'étais plus dans mon truc quand je jouais tout seul avec ma guitare classique. Et j'ai rencontré des gens qui ne faisaient pas de musique, comme le navigateur Eugène Riguidel, des amis qui font d'autres choses, et qui me demandaient ce que je racontais en musique, sorti de la virtuosité. Tu reçois ça dans les dents, et en fait, tu t'aperçois qu'il faut vivre, tout simplement vivre sa vie pour raconter des petites choses. On peut les raconter très vite, ou très lentement, pourvu qu'on raconte ! Après ça, il n'y a plus de problème, de carcan de virtuosité, de technique. Tu racontes quelque chose à la vitesse qui est la tienne, au moment présent.

Et tu ne cherches pas ta personnalité, tu dois la « laisser sortir »…
Oui, mais ça c'est du boulot ! Se lâcher… c'est très difficile, on ne peut pas imaginer à quel point. On a des tas de tabous, de pudeurs. C'est un travail de tous les jours d'essayer d'être soi, simplement. Mais c'est difficile. Il faut avoir l'occasion de beaucoup jouer aussi, on a de la chance quand on joue, de pouvoir déverser ses émotions, essayer d'être le plus généreux possible.


Discographie sélective

Sylvain Luc
Piaia (Transat Records/Night & Day, 1993)

Sylvain Luc, Louis Winsberg
Petits déjà... (Bleu Citron/Concord, 1994)

Sylvain Luc, Stéphane Belmondo
Ameskeri (Shaï/Sony, 1999) 

Sylvain Luc, Francis Lassus
Le rêve américain (1999)

Sylvain Luc, Bireli Lagrene
Duet (Dreyfus Jazz/Sony, 2000)

Sylvain Luc, Jean-Marc Jafet, Anfré Ceccarelli
Sud (Dreyfus Jazz/Sony, 2000)

Sylvain, Serge et Gérard Luc
Nahia (Pygmalion/Musidisc, 2000)

Dernière nouvelle : 
à paraître un album en solo "Ambre" chez Dreyfus Jazz le 29 septembre 2003 !

 

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