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propos recueillis 
en juin 2002
par S. Barthod

 
 

 

 
Le 27 janvier 2002, Nguyên Lê était l'invité du Pierre Allard Quartet à l'Espace Puzzle dans le cadre des concerts Jazz Dudim, avec un répertoire mêlant ses propres compositions à celles du groupe. Le guitariste préparait par ailleurs pour la rentrée un album en hommage à Jimi Hendrix. Rencontre, et questions par e-mail dans les mois qui ont suivi...

Site officiel de Nguyên Lê :
www.nguyen-le.com
                                                                   

  
Que « signifie » le jazz dans ta musique, entre tes influences rock, tes racines vietnamienne et une ouverture « tous azimuts » ?
Le Jazz est le langage musical qui me correspond le mieux car il peut justement réunir toutes ces influences. C'est une forme d'Art par définition ouverte, a la fois une tradition avec ses origines et son histoire, ainsi qu'un mouvement culturel qui n'a cessé de se développer tout au long de ses rencontres et métissages.

Tu as décrit le jazz comme étant la notion de passer du « beau » vers celle du « vrai ». Peux-tu développer ?
C'est une vaste question, mais je pense surtout à la problématique de l'improvisation : l'essentiel du geste improvisé est qu'il provienne d'une intention forte et profonde, d'une émotion sincère et d'une inspiration vitale. Toutes les notes peuvent se justifier si elles sont vraies. Inversement, j'irais même jusqu'a dire (surtout pour les étudiants) que si l'on a raté une phrase, c'est que l'on n'y croyait pas assez.

Tes racines vietnamiennes sont-elles très présentes dans ton enfance et ton éducation, ou bien est-ce surtout de jouer de la musique qui t'a amené à remonter aux sources ?
J'ai été environné de musique vietnamienne dans mon enfance mais c'était une influence passive, à laquelle je n'avais pas spécialement goût. Il m'a fallu attendre mes premiers projets solo (Miracles, 1989 ; le morceau "Vent d'Automne" dans le CD "Esimala" d'Ultramarine ; "Tales from Viêt-Nam", 1995) pour commencer ce retour aux racines et faire venir à jour ces premières influences inconscientes. Un travail de recherche et d'étude, pas du tout un exercice inné.


Apprendre le monocorde avec Truong Tang  a-t-il changé ta façon d'appréhender la guitare ?
J'ai commencé à apprendre le monocorde à mon premier séjour au Vietnam, en 1979, puis j'ai continué à Paris avec Truong Tang. J'ai surtout appris une technique, que j'ai appliquée à la guitare électrique avec vibrato. J'ai aussi senti, car je n'étais pas très bon, qu'il valait mieux que je travaille à "vietnamiser" la guitare que d'apprendre les instruments traditionnels vietnamiens.

Tu utilises l'ordinateur pour monter des maquettes. Est-ce pour toi un instrument à part entière, pour la composition, l'arrangement ?
Je fais tout avec l'ordinateur, beaucoup plus que des maquettes et la composition. Je prépare des séquences avec lesquelles les musiciens jouent sur le disque (déjà dans "Miracles" ou même "Programme Jungle" il y a des séquences de QY 7 !). J'enregistre des parties qui se retrouvereont sur le mixage final (j'ai commencé avec "Tales from Viêt-nam" avec des enregistrements d'instruments traditionnels, de sax/flûte et de guitare). Maintenant j'ai réalisé les deux CD de Huong Thanh entièrement à la maison, mixage compris. Actuellement je mixe la totalité de mon prochain CD à la maison, après avoir transféré sur mon disque dur les prises live enregistrées au studio Davout à Paris.

 
suite de l'entretien
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