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Interview de Philip Catherine (suite)

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Il y avait déjà des cordes dans "Spanish Nights"
   Oui, mais ça n’était pas du tout mon idée, là. C’était l’idée de Kenny Drew. D’ailleurs ce disque s’est fait sur un quiproquo incroyable. Moi je pensais que j’étais sideman sur un disque de Kenny Drew. Quand je suis arrivé là, je dois dire que j’ai eu un drôle de choc, ça m’a fait vraiment bizarre. Je ne m’attendais pas du tout à ça, je me sentais pris en otage dans une situation inattendue. Sur cet album, j'aime bien le thème "Django" ; en fait, je crois que c’est le plus réussi.

Et dans les musiciens actuels, lesquels trouvez-vous intéressants ?
   Je trouve que Bill Frisell a beaucoup d’idées. J’adore Georges Benson aussi, je ne sais pas ce qu’il fait maintenant, mais j’ai toujours adoré Benson. Il y a des gens qui me disent qu’ils pensent que Frisell m’a écouté. Je ne sais pas si c’est vrai historiquement, mais je sais que j’ai souvent joué en face de lui quand il était en Belgique, et je ne savais pas qui c’était. Il habitait en Belgique, sa femme est belge, elle vient de Spa. Il fait de très belles choses, au point de vue composition.

Il a en commun avec vous de ne pas faire de démonstration technique, mais de mettre celle-ci entièrement au service de la musique.
   Il y a un guitariste qui est très équilibré à ce niveau là, c’est Georges Benson, parce qu’il a une technique foudroyante, mais on ne la remarque pas. C’est fou… terrible ! (rires)
 


photo : Stéphane Loiseleur
Les projets ?
   Justement, je suis en train de défricher le terrain. Je crois que je voudrais faire un disque en trio, basse/batterie/guitare.    Je voudrais faire un disque peut-être avec deux guitares acoustiques. Je ne sais pas avec qui, et je me demande même si je ne ferai pas les deux parties moi-même… parce que j’ai fait des trucs comme ça qui ne sont pas sortis, et qui me plaisent fort, et j’ai envie d'en faire un disque entier ; mais je sais que ça paraît bizarre de faire ça.
   Un troisième projet serait peut-être de faire un de ces quatre un disque avec l’orchestre à cordes, le son de ma guitare électrique sonne très bien avec les cordes. Mais là je dois prendre un certain temps.

Et en solo ?
   En solo ? Je n’ai jamais fait ça... J’ai tellement peur. Ça m’est déjà arrivé de faire des interviews à la radio et de jouer seul à la guitare, et c’est vrai que ça ne sonne pas si mal, mais c’est vrai que je n’ai jamais osé faire ça sur scène ou en disque. Je vous remercie de me poser la question, ça me fera réfléchir (rires).

 
 
DERNIERES NOUVELLES DU FRONT...
 

Quelques jours après cet entretien, pour le week-end de Pâques, Philip Catherine était invité par Bert Joris (trompettiste, arrangeur, compositeur et chef d'orchestre) à jouer comme soliste dans son Big Band, composé d'étudiants de l'Université de Bern (Suisse). La formation est structurée autour d'un trio trompette/guitare/contrebasse auquel s'ajoute une batterie, puis le Big Band. Un album suit en 2005, Meeting Colours.

En 2001, il est invité au festival Jazz sous les pommiers.

Neuf ans après cet entretien, Philip enregistre Guitares Two, un album en solo (avec re-recording) et tourne régulièrement en solo et trio, ainsi bien sûr qu'avec d'autres formations, notamment un orchestre symphonique... une tournée qui lui donne à nouveau l'occasion de passer en Normandie pour le festival Jazz sous les pommiers le 16 mai 2009.

 

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