| Interview de Richard Galliano (suite) | |
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Ce soir, on entendra des
compositions "sur mesure" et aussi des
compositions existantes et ré-arrangées. Il y a ce concerto que jai écrit pour accordéon et cordes, des petites pièces, aussi, de quatre-cinq minutes, le concerto qua écrit Piazzolla pour bandonéon et orchestre Là par exemple, cétait pour un orchestre beaucoup plus grand, avec plus de cordes, mais moi jaime bien cette formation avec douze cordes ou quatorze cordes au maximum, parce que cest très vif, comme réaction, comme écoute aussi, parce que dans un grand orchestre, il y a très souvent une inertie, on est loin. Là cest bien, et puis le dosage aussi. Par exemple ce soir, on joue complètement acoustique, et je crois que cest à peu près dosé, entre laccordéon et lorchestre, je ne suis pas "bouffé" par lorchestre. Sil y avait trois fois plus de cordes, cest sûr quil faudrait amplifier. Lamplification, cest encore un autre problème : ou cest un plus, ou cest un moins dans le sens où ça peut tuer lémotion. En parlant justement
damplification et démotion, que pensez-vous
des accordéons synthétiseurs actuels ? |
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un problème de dynamique. Oui, oui. Alors moi je préférais jouer avec un mini-moog quavec des modules de synthés en MIDI. Je crois que cette chose, laccordéon synthé, à lépoque où je lai fait, cétait intéressant : les fabricants ne mont pas suivi, ils me prenaient pour un fou complètement, et ils ont fait ça quinze ans après. Moi, jestimais que quinze ans après, cétait trop tard. Maintenant le synthétiseur, ça nintéresse plus grand monde. Bon , il y a des gens comme Zawinul qui sen servent très bien, mais les musiciens, le public préfèrent les instruments acoustiques. A part lorchestre de
Toscane, des projets discographique ? Après
avoir beaucoup tourné ensemble ces derniers temps... Et
dautres projets à venir ? Un
tour dhorizon
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| De
Portal à Sclavis, il ny a quun pas, on vous
retrouve justement sur un morceau dans le dernier Louis
Sclavis ("Danses et Autres Scènes" - Label
Bleu LBLC 6616) Oui, en fait, ça cétait un enregistrement que Sclavis mavait demandé pour le "Musique de scènes", donc jai enregistré ça, mais cest pas du tout du jazz, cest vraiment pour une scène très rétro, très java, et après, son producteur de label Bleu ma demandé si jacceptais que le morceau figure dans le disque et jai dit OK. Enfin, ca nest pas du tout représentatif de sa musique ni de la mienne, cest comme une séance denregistrement comme jen ai fait des milliers, toujours avec cur, mais pas toujours artistique. |
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| Il
y a en revanche, des rencontres qui comptent beaucoup,
notamment avec des musiciens sud-américains Hermeto
Pascoal, Astor Piazzolla... Il y a des musiciens comme Hermeto Pascoal, Gismonti, qui sont des très grands musiciens, des gens que jaime profondément. Il y a un peu une hiérarchie dans les musiciens, il y a les bons et les très bons, il y a les mauvais eux ce sont de très bons musiciens. Il y a aussi ce que jaime beaucoup, comment dire, ce que je respecte : les identités vraiment originales. Je pense en France à Eddie Louiss qui a vraiment une personnalité, je pense à Portal dans son jeu, dans son attitude musicale, il est très très original. Et puis après, il y a les gens qui prennent un peu la suite. Par exemple si on parle de Sclavis, pour moi, cest quand même un disciple de Portal, cest un musicien qui sest beaucoup inspiré de Portal et qui fait son truc personnel maintenant. Et jaurais plus tendance à aller vers Michel qui est pour moi plus authentique. Le parcours de Portal mintéresse plus que celui de Sclavis, parce que Portal est un musicien qui a fait comme moi beaucoup de choses, il fait de laccompagnement, il a fait du classique, il a fait des séances denregistrement, il a fait même du cirque, il a travaillé aussi avec des chanteurs, comme moi, Nougaro, Barbara, et ça cest important, le parcours dun musicien, après je crois que le public est sensible à ça, à ce que peut raconter un musicien sur scène, sans noyer le poisson, parce quavec toutes ces choses free, un peu improvisation libre... cest vrai quon peut faire passer quelque chose toujours au public, mais bon, ma musique en général est basée sur des compositions, et les improvisations sont des variations de ces compositions. Il marrive quelquefois de faire des improvisations ouvertes, mais ce nest pas quelque chose que jaffectionne beaucoup. Dans un
entretien paru dans Jazz magazine, vous disiez
"finalement, je joue assez free" Le
free peut être autre chose quun courant musical,
il est aussi dans les choix quon fait, dans la
liberté quon se donne. |