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| En plus de l'interview, vous trouverez la discographie et la bibliographie de Daniel Goyone, ainsi qu'un lien vers son site Internet. |
| Peux-tu nous raconter ton
parcours en quelques phrases ? J'ai débuté le piano classique à l'âge de 7 ans (avec un enthousiasme modéré !). Dès 14 ans j'ai commencé à joué dans des bals (ce que, malgré la qualité souvent médiocre de la musique jouée, je trouvais plus vivant). A l'âge de 21 ans, je me suis installé à Paris. J'y ai retrouvé d'autres musiciens venus comme moi, des Alpes-Maritimes : entre autres, André Ceccarelli, Bunny Brunel, ou Richard Galliano. A Paris, j'ai vécu les diverses expériences que peut connaître un musicien professionnel : accompagnement de chanteurs, studio... tout en essayant de profiter au mieux des occasions les plus intéressantes sur le plan musical. Peu à peu mes idées se sont précisées sur ce que je voulais faire. J'ai enregistré mon premier disque en 1982. Depuis je me focalise autant que possible sur le développement de ma musique. A travers elle j'ai pu faire des rencontres enrichissantes comme avec Trilok Gurtu, Michel Orier, Claude Nougaro, David Linx, ou Ray Lema. Les
synthétiseurs, que tu utilise de manière très
personnelle, ont disparu de tes albums après « Third
time ». Pourquoi, et est-ce définitif ? Qu'en
est-il en ce qui concerne le Rhodes ? On
trouve sur tes disques des instruments très divers,
certains assez rares dans un jazz plus traditionnel, mais
on peut également noter quelques absents remarquables,
comme la guitare ou la trompette par exemple :
est-ce pour des raisons de sonorités, d'arrangements ou
de rencontres musicales qui ne se sont pas faites ? Tes
thèmes sont très complexes et malgré tout très
accessibles, même à un auditeur peu averti. Peux-tu
nous raconter comment naissent tes compositions et
comment tu arrives à concilier complexité et émotion ? Quelle
est la plus grande part de travail dans ta vie de
musicien : la composition ou les concerts ? |
| Quels sont les musiciens qui
t'ont le plus marqué ? Plus que de musiciens, je préfère parler de musiques avec lesquelles je me sens plus d'affinités. La (bonne) musique brésilienne touche profondément ma fibre latine. La musique indienne me fascine par sa richesse. C'est un continent énorme et méconnu. S'il me fallait retenir quelques uvres classiques je citerais en vrac : certaines fugues de Bach, les dernières uvres de Mozart, la sonate en Si de Liszt, la 1ère Barcarolle de Chopin, les chorals de Cesar Franck, les Gymnopédies de Satie, le requiem de Fauré, certaines uvres de Prokofiev (plutôt la veine lyrique), la Musique pour cordes de Bartok, les métamorphoses de Richard Strauss, les dernières uvres de Morton Feldman...difficile de faire un choix succinct, on a toujours l'impression d'oublier quelque chose d'essentiel ! Je ne voudrais pas terminer sans citer Thelonious Monk qui déborde de loin le monde du Jazz. Dans le monde actuel, j'apprécie les musiciens dont la personnalité musicale est suffisamment forte pour transcender les styles musicaux. Parmi les compositeurs je pense par exemple à Egberto Gismonti, Ennio Morricone ou à Astor Piazzolla. Ta musique est
très évocatrice d'images, de climats... As-tu déjà eu
l'occasion de travailler sur des musiques de films, as-tu
eu des propositions dans ce sens, et sinon cela te
tenterait-il ? Ton
prochain album sort en janvier. On pourra y entendre des
nouveaux partenaires à tes côtés, et on notera la
présence de Ray Lema à la direction musicale.
Comment se sont passés la conception et l'enregistrement
de l'album ? En
dehors de la sortie de l'album, quels sont tes projets à
venir ? |